London Theatre Review : Emilia au Vaudeville Theatre de Londres
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(Updated on 29 Apr 2019)
Qui était Emilia ? Qui ou que représente-t-elle ? Emilia était-elle une proto-féministe du XVIe siècle ? Emilia était-elle « La Dame Noire » dans certains sonnets de Shakespeare ? Ce qui est incontesté, c’est qu’Emilia Lanier, née Bossano, était une femme très intelligente et érudite qui a défié la hiérarchie masculine dominante en publiant le premier recueil de poèmes d’une Anglaise. Comme nous l’informe l’une des Émilias dans la pièce, les femmes n’étaient autorisées à écrire que sur des sujets religieux, ainsi, en apparence, sa poésie reflétait l’orthodoxie chrétienne. Cependant, comme l’illustre la pièce, elle offrait aussi un commentaire sur la position des femmes dans la société.
Alors, la publication de Lanier était-elle de la poésie religieuse ou un commentaire féministe subversif ? Le dramaturge Morgan Lloyd Malcolm reprend et réhabilite Emilia en tant que militante féministe précoce, utilisant sa vie comme un véhicule pour se rallier aux revendications féministes d’égalité et de justice. La production est une transformation du XXIe siècle des vies du XVIe siècle, flirtant avec la chanson moderne, la danse, les expressions et les tendances, y compris le fil dentaire, ce qui est hilarant. Il y a de nombreux moments humoristiques ; jeux de mots, grossiers et sous-entendus, reflétant peut-être les comédies de Shakespeare.
Bien [***qu’Emilia***](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/3841/emilia-tickets.aspx), la pièce, nous ait exhortés à nous concentrer sur les réalisations intellectuelles d’Emilia, elle repose sur sa relation sexuelle avec Shakespeare comme symbole de l’étouffement des voix féminines. Shakespeare est présenté comme ayant volé les idées d’Émilie, les utilisant souvent mot pour mot dans ses pièces. Un commentateur contemporain et descendant s'appuie sur le fait qu'il existe des personnages appelés Émilie dans 4 pièces de Shakespeare, en plus des « Sonnets de la Dame Sombre », comme preuve que Lanier était sa muse, ou l'auteur de certaines de ses œuvres, sinon son amant. Cependant, la première est circonstancielle et la seconde spéculative, il n’y a pas de preuves solides. Mais cela n’a pas d’importance, c’est une pièce de théâtre, pas un documentaire.
Les biographies d’Emilia et de Shakespeare servent de dispositifs utiles pour les messages politiques féministes qui sont répétés tout au long de la pièce. Les Émilias nous apprennent qu’elle représente les voix de femmes qui sont restées inentendues ou réduites au silence et n’ont pas été autorisées à parler pour elles-mêmes pendant des siècles. Dans la seconde moitié de la pièce, Emilia et d’autres personnages lancent un cri de ralliement pour montrer qu’ils ne seront plus réduits au silence. Ils utiliseront la mémoire musculaire des femmes qui ont été réduites au silence, maltraitées et maltraitées pour s’exprimer.
*Emilia*, la pièce, m’a poussé à creuser davantage et à en apprendre davantage sur elle. Ainsi, *Emilia* parvient à sensibiliser aux réalisations littéraires et à l’héritage politique de Lanier qui, comme on nous dit, ont été oubliés. J’aurais préféré que la pièce s’intéresse davantage à la vie et aux œuvres de Lanier. La pièce reconditionne Lanier en militante féministe, peut-être même comme une icône, et se termine comme un rassemblement politique féministe.
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*Emilia* joue au [**Vaudeville Theatre**](https://www.londontheatredirect.com/fr/venue/80/vaudeville-theatre.aspx) jusqu’au 15 juin.
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