London Theatre Review : Rosmersholm au Duke of York’s Theatre
Posted on
**Le noir scandinave** (ou **noir nordique**) devient de plus en plus populaire au fil des années. Il suffit de regarder les épisodes assez récents de ***Black Mirror*** « Haï dans la nation » et « Crocodile », ou l'actrice islandaise [**Heida Reed dans **](https://www.londontheatredirect.com/fr/news/q-a-session-with-foxfinder-star-heida-reed)*[**Stella Blómkvist**](https://www.londontheatredirect.com/fr/news/q-a-session-with-foxfinder-star-heida-reed).* Aujourd'hui, une production du West End [***de Rosmersholm***](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/4001/rosmersholm-tickets.aspx) du célèbre dramaturge **norvégien Henrik Ibsen** fait sensation au [**Duke of York's Theatre de Londres**](https://www.londontheatredirect.com/fr/venue/30/duke-of-yorks-theatre.aspx).
**Lisez ci-dessous notre critique approfondie de *Rosmersholm*** alors que notre blogueur Sandra Howell donne son avis sur cette production théâtrale londonienne.
### La pièce *Rosmersholm* du Duke of York's Theatre en revue
Comment une pièce norvégienne de la fin du XIXe siècle peut-elle être à la fois historique et actuelle, réfléchie et refléter l’environnement sociopolitique mondial ? Eh bien, alors qu’il s’agit bien sûr d’une adaptation récente de **Duncan Macmillan** !
On a l’impression que Macmillan tient un miroir aux enjeux sociaux et politiques qui règnent aujourd’hui. L’adaptation de Macmillan se déroule encore dans la Norvège du XIXe siècle, avec la distribution en costumes d’époque, tout en restant fidèle au texte de la pièce. Cependant, il a été réimaginé pour faire une nouvelle des bouleversements fondamentaux qui se produisent dans notre monde duXXIe siècle. Bien qu’il traite d’idées socialistes et autres idées progressistes relativement récentes auXIXe siècle, il fait référence aux mouvements majoritairement de droite et réactionnaires-populistes dans la majeure partie du monde, notamment en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, dans le sous-continent indien et en Australie.
### Un résumé de l’intrigue pour *Rosmersholm*
*Rosmersholm* de Macmillan se déroule à la veille d’une élection. Rosmer est le dernier debout de la noblesse foncière séculaire des Rosmer. Récemment endeuillé par le suicide de sa femme, Rosmer semble s’être radicalisé par la compagne de sa femme, Rebecca, avec qui il s’est impliqué émotionnellement et intellectuellement, et qu’il aime peut-être même. Rebecca est une jeune femme très intelligente et attirante, pleine de passion et d’engagement envers les idéaux radicaux d’égalité et de liberté. Rosmer est animé, devient partagé, puis abandonne sa flirtation avec la campagne pour l’égalité et la liberté. Sous le poids du remords, il abandonne aussi sa séduction avec Rebecca, qui était pleinement engagée dans la cause et est choquée par une révélation sur son passé. Rebecca est aussi rongée par la culpabilité à cause de la mort de la femme de Rosmer, ce qui pousse elle et Rosmer à prendre une voie d’action sans retour possible.
### Comment les acteurs s’en sortent dans la distribution du West End de *Rosmersholm*
**Tom Burke** offre une brillante interprétation de John Rosmer en homme-enfant jouant à l’adulte. Burke présente la progression de Rosmer, comme un homme-garçon se délectant de l’idée de se voir radical, se rebellant contre les traditions de sa famille vieille de plusieurs siècles, dans laquelle il admet être né à la quarantaine sans penser par lui-même, jusqu’à un penseur libre engagé en faveur de l’égalité et de la liberté. Ce Rosmer est même transformé en proto-socialiste, de façon amusante et quelque peu superficielle, étendant cela à ses serviteurs en les empêchant de l’habiller et de distribuer des fleurs. Burke incarne Rosmer comme quelqu’un qui s’est convaincu de son propre éveil politique. Dans une réinterprétation des propos du personnage, Rosmer déplore la perte de patience et de compassion envers les points de vue et les expériences de chacun. Cela peut être une référence directe à la haine et à la division déclenchées lors des campagnes populistes dans le monde entier, et particulièrement pertinente pour le Brexit ici au Royaume-Uni ainsi que pour Trump et l’alt-right aux États-Unis.
**Hayley Atwell** excelle dans le rôle de Rebecca West, dont la confiance, l’indépendance d’esprit et la confiance en soi sont progressivement minées au fil de la pièce. Son idéalisme est lumineux et intense, sa passion et son engagement sont fascinants. Le changement brusque de son humeur, déclenché par la nouvelle de Kroll, menant à la désillusion et à l’auto-punition, est douloureux et écrasant. **Giles Terea** est superbe dans le rôle de l’autosuffisant, égocentrique et manipulateur Andreas Kroll. Au début, Kroll semble attentionné et préoccupé par Rosmer et, dans une certaine mesure, par Rebecca. Mais Kroll est un conservateur traditionnel soucieux de maintenir le statu quo et la moralité de l’époque. Il qualifie de manière dédaignante les idées socialistes naissantes de Rosmer et Rebecca de « libre pensée et amour libre » dans la pièce originale. Kroll fait tomber le pouvoir du journal local contre Rosmer et le mouvement radical, exprimé dans le journal progressiste dirigé par Mortensgaard , incarné par **Jake Fairbrother**, dans une tentative d’écraser cette rébellion lors des prochaines élections. Mortensgaard, peut-être la conscience de la pièce, demande « ne pouvons-nous pas être en désaccord sans effusion de sang et haine ? » Mortensgaard insiste sur le fait qu’en fin de compte « le silence et l’inaction, refuser de prendre parti vous rendent complice ».
### Thèmes sous-jacents à *Rosmersholm* et leur lien avec notre époque
Les idées de cette adaptation vont probablement plus loin que celles exprimées par Ibsen dans sa pièce originale. De plus, certains idiomes et langages de la pièce semblent avoir été actualisés, ce qui facilite l’identification pour un public moderne. Rosmer fait la une des journaux conservateurs qui s’oppose aux idées radicales d’égalité et de liberté. Burke transmet le zèle des nouveaux convertis lorsqu’il réprimande les propriétaires du journal qui l’ont traité de Déserteur et de Traître. Il les reproche de vouloir « nous distraire avec des saletés, des scandales... pour nous empêcher de nous lever et d’être libres ». On peut dire que notre presse britannique moderne pourrait être accusée des mêmes méthodes et motivations.
Parce que *Rosmersholm* est complexe, il s’agit aussi des sentiments et des relations entre les protagonistes principaux. Après sa conversion tardive aux causes de la liberté et de l’égalité, Rosmer prend facilement peur face à l’opposition et à sa culpabilité. J’ai ressenti un mélange de pitié et de mépris en voyant Rosmer lutter avec ses pensées et ses sentiments, ainsi que son beau-frère, Kroll. Tout comme Rosmer ne peut pas s’en tenir à sa vocation de prêtre anglican, une charge qui lui a été transmise par son père, il ne peut rester engagé dans la cause.
Dans l'ensemble, la vision de Macmillan de la pièce d'Ibsen, *Rosmersholm*, est si récente que je la recommanderais comme l'une de vos cinq pièces par jour.
* * *
## *Rosmersholm* Les billets pour le théâtre Duke of York du West End sont disponibles à seulement 18 £ !
C'est votre dernière chance de voir ce chef-d'œuvre d'Henrik Ibsen en direct sur la scène du West End avant sa **fermeture le 20 juillet 2019**. ***Rosmersholm*** est une invasion du noir nordique qui vous laissera en haleine du début à la fin. N'oubliez pas de **réserver vos billets pour *Rosmersholm*** dès maintenant pour les meilleurs prix et les meilleures places au Duke of York's Theatre de Londres tant que les stocks sont en fin de stock, et faites de votre expérience théâtrale estivale inoubliable !
🎫 [**Achetez vos billets pour *Rosmersholm* au Duke of York's Theatre sur **](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/4001/rosmersholm-tickets.aspx)[**18 £**](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/4001/rosmersholm-tickets.aspx).