CRITIQUE : Don Juan à Soho au Wyndham’s Theatre
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Don Juan est un personnage que tout le monde connaît. Le séducteur en série progressait avec aisance dans la vie, sautant de matelas en matelas. Poussé par le frisson de la poursuite, l’objectif principal de Don Juan est d’obtenir la soumission de sa proie choisie (même s’il doit aller jusqu’à les marier pour les convaincre d’accepter).
La reprise de **Patrick Marber**[**, Don Juan in Soho**](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/2536/don-juan-in-soho-starring-david-tennant-tickets.aspx), est basée sur une comédie molière du XVIIe siècle, elle-même dérivée d’une pièce de commedia dell’arte. Dans la commedia dell’arte, les personnages sont des archétypes, animés par un seul motif – comme l’argent, la nourriture ou le désir. Le Don Juan de Marber est indifférent au chaos qui suit ses conquêtes, toujours à la recherche de sa prochaine conquête, plus elle est difficile, mieux c’est.
**David Tennant** incarne le personnage principal dans cette production, incarnant Don Juan comme héritier d’un comté, l’aristocrate playboy typique qui fait la fête grâce à son héritage. Bien que son comportement moral soit abominable, Tennant confère charme et charme au personnage, séduisant le public. Il devient un voyou attachant plutôt qu’un détestable. Malgré son indifférence envers les femmes de sa vie, il saute volontiers en aide à un inconnu agressé et, parfois, on voit des éclairs de son humanité transparaître. Ses insécurités à dormir seul, sa réticence à laisser son fidèle serviteur démissionner, ces événements montrent les béquilles dont il a besoin pour soutenir son style de vie extravagant, montrant qu’il a besoin des autres (même s’il ne l’admettra jamais ouvertement).
Adrian Scarborough est le parfait contrepoint au dur de Tennant. En tant que chauffeur et valet de Don Juan, Stan, il est en permanence opprimé, sous-estimé et ignoré, ce que Scarborough exploite à chaque occasion comique. Il est complice des activités de Don Juan, profitant du succès apparent reflété des efforts de son maître. Le personnage de Scarborough est celui avec lequel le public sympathise, et peut-être même empathie. Il est le « moins attirant » et le moins réussi du duo. Sa performance est remarquable, incarnant un personnage coincé entre ce qui est moralement juste et son lien étroit avec l’incorrigible Don Juan.
La série est fraîche et contemporaine, ayant été mise à jour depuis sa première il y a dix ans. On trouve quelques références à des événements contemporains et à la politique disséminés tout au long de la pièce, mais, heureusement, elles sont subtiles et dépouillées, ce qui ajoute à leur effet. Le discours entraînant de Tennant dans la seconde moitié de l’acte II est une démystification directe de la société moderne. De l’obsession pour les réseaux sociaux et la technologie au manque de vie privée que nous nous accordons, ce discours rappelle qu’il existe une vie au-delà des profils sur les réseaux sociaux et que l’interaction humaine ne peut être remplacée. Nous nous noyons dans un monde où les définitions sont plus souvent floues – entre nos vies publique et privée, entre l’information et l’opinion d’experts, entre la vérité et la propagande. Le rythme et l’énergie de l’Acte I et de l’Acte II sont si distinctement différents qu’ils accentuent encore davantage le sort de notre anti-héros. En fin de compte, Don Juan devra affronter les conséquences de ses actes, mais se repentira-t-il et se réformera-t-il ?
**Réservez** vos ****[**billets** pour Don Juan à Soho](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/2536/don-juan-in-soho-starring-david-tennant-tickets.aspx) avant la fin de la représentation, le 10 juin 2017.