CRITIQUE : Le père revient de la guerre
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[**Father Comes Home From The Wars au Royal Court Theatre**](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/2233/father-comes-home-from-the-wars-parts-1-2-3-tickets.aspx) est une pièce en trois parties, qui sonne plus grandiose qu’elle ne l’est réellement. Ce sont trois courtes pièces en une soirée. La trilogie est censée être le début d’une autre série de 9 parties (deux pièces) qui s’intéressent à une famille de la guerre civile à nos jours.
Les parties 1 à 3 reprennent l’ère de la guerre de Sécession en suivant Hero (Steve Toussaint), un esclave que son maître oblige de le rejoindre du côté confédéré pendant la guerre de Sécession. Ce qui suit est une épopée de trois heures qui retraçe la relation de Hero avec sa partenaire Penny (Nadine Marshall), son compagnon esclave Homer (Jimmy Akingbola), un rival, et l’homme que Hero a lésé dans son effort pour obtenir sa liberté. La pièce présente des comparaisons évidentes avec les mythes grecs, mais le parcours de Hero pendant la guerre civile n’est que le toile de fond de son parcours en tant qu’homme, alors qu’il examine ses relations (avec Penny, son père adoptif vieillissant interprété magistralement par Leo Wringer) et la première partie, où Hero réfléchit à la guerre ou non, est la partie la plus forte alors que nous apprenons à connaître vraiment ce personnage et sa relation. Toussaint est un vrai talent, portant un rôle qui peut être difficile et il semble avoir une grande alchimie avec ses co-stars.
Mon aspect préféré était la relation compliquée que le Hero entretient avec son statut d’esclave. Il ne peut pas comprendre un monde où il est sans valeur parce qu’il est libre et qu’il a une loyauté compréhensible mais mal placée envers son maître, joué par John Stahl dans la partie 2. C’est un homme sadique et ignorant, désespéré d’impressionner l’homme blanc (Tom Bateman) qu’il a capturé, et lorsque Hero revient dans la Partie 3, tant de choses ont changé, ouvrant la voie aux parties suivantes.
Si la production ne paraît jamais longue et déborde d’une grande énergie, principalement grâce à la musique live et à une excellente performance de Dex Lee dans le rôle d’Odd-See, elle peut sembler verbeuse, les performances secondaires ne sont pas toujours claires s’il s’agit de nouvelles personnes ou des mêmes personnages. Sur le plan esthétique, j’ai eu un problème avec les costumes d’Emilio Sosa, qui semblaient appartenir à des époques différentes.
Il est clair que la lauréate du prix Pulitzer (et nominée pour cette pièce) Suzan-Lori Parks est un véritable talent, ses mots et ses idées coulent si succinctement qu’elle est désormais une dramaturge incontournable, et c’est une pièce qui semble correspondre à la vision de la Royal Court mais qui aurait pu fonctionner au National Theatre. Le seul défaut, c’est que ces numéros semblent comporter beaucoup de remplissage et beaucoup de silences, et j’aurais aimé que la réalisation de Jo Bonney resserre la scène puisque la troisième partie, qui limite les deux premières peut sembler traînante.