10 raisons de voir Martin Guerre à l’Old Vic
Published on 17 September 2026
Cette reprise de la comédie musicale d’Alain Boubil et Claude-Michel Schonberg est le chant du cygne de Matthew Warchus dans le théâtre qu’il dirige avec tant de succès depuis 2015. Il est peu probable qu’il termine sur un coup de maître. D’autant plus qu’il est en pleine ascension en ce moment avec le transfert du tube estival, Pride, du Nouveau Territoire du Territoire vers le Pont. Il est excellent dans les comédies musicales, responsable à la fois de Matilda et de la meilleure mise en scène de Follies que j’aie jamais vue.
S’il pense que Martin Guerre a de vraies jambes, nous devrions le croire. En fait, il s’assure vraiment que ce soit le cas en présentant une toute nouvelle version de la comédie musicale, qui a été vue pour la première fois dans le West End il y a 30 ans cette année, mais qui a depuis subi de nombreuses révisions. Warchus la décrit comme « radicalement retravaillée » avec de nouvelles paroles et de nouvelles orchestrations folkloriques, que Warchus développe depuis un certain temps. C’est un projet passion pour Warchus.
C’est un rappel que les comédies musicales ne sont pas écrites mais truquées. Et cela peut prendre de nombreuses années. En fait, après des critiques tièdes (trop longues, trop françaises, trop compliquées, fut le verdict) lors de sa première en juillet 1996, Martin Guerre a bénéficié de sa première grande réécriture durant les six premiers mois de sa représentation, réouvrant en novembre 1996 avec plus de 50 % de réécriture et bien plus attrayante. Elle a ensuite remporté l’Olivier 1997 de la meilleure comédie musicale. Ce fut un échec qui a été réinventé en succès.
Mais Boubil et Schonberg n’étaient toujours pas satisfaits. Comme le héros de l’histoire elle-même, ils reviennent sans cesse à la comédie musicale, et on parie que cette version pourrait faire de Martin Guerre un tel succès que leurs autres succès. Elle a toujours traîné aux côtés des Misérables et de Miss Saigon. Cette dernière revient au West End en 2027 dans une reprise au Prince Edward Theatre mise en scène par Luke Sheppard.
Certes, il n’y a ni barricades ni hélicoptères dans Martin Guerre, mais on dirait que Warchus ne cherche pas à compenser le manque de spectacle pour lequel Boubil et Schonberg sont connus, mais plutôt à jouer sur les forces émotionnelles et les complexités morales de l’œuvre avec une mise en scène épurée. Cela, avec les réécritures, pourrait être exactement ce qu’il faut pour que ce soit un succès.
C’est une histoire fascinante, basée sur des faits réels de la France médiévale, lorsqu’un homme vivant dans un petit village abandonna sa femme mais revenait apparemment sept ans plus tard. Mais est-ce le même homme, ou est-ce un imposteur ? C’est une histoire qui fascine les gens depuis sa première apparition au XVIe siècle. Deux grands films ont été basés sur ce récit : le retour de Martin Guerre et la version hollywoodienne, Sommersby, ce dernier avec Richard Gere et Jodie Foster.
Mais cela ressemble aussi à une histoire très contemporaine de notre époque, soulevant des questions liées à la croissance personnelle, à la réinvention et au vol d’identité. Un bon résultat peut-il jamais justifier de mauvaises actions ?
La configuration en cercle de l’Old Vic nous a fait revoir les anciennes pièces — y compris la récente reprise de Tom Stoppard, Arcadia — et ses possibilités immersives pourraient bien être très bénéfiques pour Martin Guerre, un spectacle qui nous rappellera probablement que moins peut parfois offrir plus.
La chorégraphie vient de Lizzi Gee, qui a fait un excellent travail sur Pride, y compris ce moment où les mineurs gallois apprennent à danser disco.
Ce devrait être un adieu palpitant de la part de Warchus, toujours un réalisateur si intelligent et astucieux qui a pris la tête de l’Old Vic à une période difficile après la période de Kevin Spacey. Il part sur un ton positif, ouvrant largement la voie à l’arrivée de Rupert Goold de l’Almeida, qui, s’il ne peut pas diriger la Conférence nationale ou la RSC, devrait bien s’amuser dans The Cut.
By Lyn Gardner
Lyn Gardner est un journaliste théâtral reconnu et ancien critique avec des décennies d’expérience dans la couverture du théâtre britannique, du théâtre off-West End et du Fringe aux grandes productions du West End.
