1536 Critique : Drôle, furieuse et terriblement pertinente. Une étude brillamment percutante du sentiment de droit masculin.
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*1536* prend un titre bien connu – **le roi Henri VIII a arrêté Anne Boleyn pour trahison** – et déplace le regard vers les personnes que l’histoire traite habituellement comme un bruit de fond ; trois femmes dans l’Essex rural ; Anna, Jane (oui, les parallèles avec la cour Tudor sont délibérés) et Mariella. Le résultat voit l’effet d’entraînement d’un scandale public et les retombées intérieures qui s’ensuivent, alimentées bien sûr par l’économie locale des rumeurs.
Le roi lui-même n’apparaît jamais, mais son influence est partout. Les femmes sont divisées par cette nouvelle, les traitant en partie comme des potins de célébrités difficiles à croire mais aussi comme un récit d’avertissement sur le comportement des femmes. Ce qui rend la pièce si intelligente, c’est qu’elle comprend la misogynie non pas comme un grand acte violent, mais plutôt comme une atmosphère ou une contamination sociale qui se propage depuis la cour d’Henri **VIII** jusqu’aux terres agricoles de l’Essex. Cette tension est au cœur de la pièce : l’histoire qui se passe là-bas, alors que des femmes ordinaires vivent avec les conséquences ici, et comment elles marchent sur la corde raide délicate où les hommes les classent rapidement comme étant soit pieuses que possibles, soit dangereusement attirantes sexuellement. C’est la dichotomie classique Madone-prostituée.
Anna de **Siena Kelly** est l’incarnation la plus fascinante de cette contradiction. Au début, elle considère le désir comme une monnaie de change. Les hommes la veulent ; elle a donc du pouvoir. Scène après scène commence avec elle et Richard (le fiancé de Jane) contre un arbre S-H-A-G-G-I-N-G jusqu’à ce que leur passion devienne autre chose...
Et c’est là que la pièce devient complètement dévastatrice. Les hommes adorent Anna quand elle est excitante, inaccessible, dangereuse ; Le fantasme masculin ultime. Mais le second ego masculin entre en jeu – une fois que la respectabilité, la propriété ou l’humiliation sont en jeu – le langage change. Soudain, elle est « pas féminine ». Une pute. Leur relation, qui reflète celle d’Henri **VIII** et **Anne Boleyn**, devient un jeu de pouvoir ou une partie d’échecs très dangereuse. Pendant ce temps, Jane (brillamment interprétée par [Liv Hill](https://www.londontheatredirect.com/fr/news/lyn-gardner-interviews-liv-hill-as-1536-transfers-to-the-west-end)) tente la voie opposée : bonté, obéissance, douceur, prière. Soyez la femme que les hommes approuvent publiquement plutôt que de désirer en privé. Cela ne la sauve pas non plus.
L’écriture de **Pickett** tourne constamment autour de la même question brutale : que veulent exactement les hommes des femmes ? Beauté ? Pureté ? Soumission ? Excitation ? Loyauté ? Silence ? La réponse, malheureusement, semble être tout en même temps.
Ce qui empêche tout cela de devenir insupportablement lourd, c’est à quel point la pièce est drôle. Pas non plus de petits rires polis de théâtre — vraiment mordantes, commères, parfois coquines. Il y a quelque chose d’incroyablement chaotique à voir les femmes Tudor se disputer, flirter, jurer et sombrer dans des moments qui ressemblent plus à une soirée en Essex qu’à une leçon d’histoire poussiéreuse. Parfois, on a l’impression *que The Only Way Is Essex* est entré à *Wolf Hall* après trois ou quatre Aperols.
Et cet équilibre est précisément la raison pour laquelle la pièce fonctionne. Sous le mélodrame, les trahisons et les révélations haletantes, il y a une histoire très moderne sur des femmes qui essaient de comprendre quelle version d’elles-mêmes le monde leur permettra d’être. Et c’est effrayant de voir à quel point peu de choses ont réellement changé en 500 ans. **Henry VIII, Hugh Hefner, P Diddy, Andrew Tate**, l’halitose Harry qui vous a traité de « froide » quand vous ne vouliez pas être avec lui pendant Spin The Bottle à la discothèque de Year 9, tous suivant le Male Entitlement Handbook : idéaliser la femme, rechercher la validation, se sentir en droit de la posséder, récompenser les femmes qui correspondent à ce fantasme, se faire rejeter, la représenter comme la méchante, la punir ou la détruire. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin des temps.
Des hommes faibles qui s’en prennent à la réaction. Suivi de femmes qui se soutiennent une minute et s’arrachent des bandes la minute suivante. C’est troublant de voir à quel ****point le drame brillamment perçant d’Ava Pickett donne l’impression d’avoir pu être écrit hier. Malgré tous ses attributs Tudor, *1536* pose une question très moderne : lorsque des hommes puissants empoisonnent le puits, qui en boire ?
Les fans de *Six* reconnaîtront probablement aussi une partie de cette énergie : des femmes reprenant leur place dans un récit historique qui les met traditionnellement de côté. Mais là où *Six* transforme la rage féminine en concert pop, *1536* la laisse en train de pourrir dans les marais. C’est plus désordonné, plus triste et bien plus effrayant.
[1536](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/1536-tickets) sont jouées au [Ambassador’s Theatre](https://www.londontheatredirect.com/fr/venue/ambassadors-theatre-london) jusqu’au 1er août 2026. Réservez vos billets dès aujourd’hui.