Critique de Clarkston : Un parcours tendre et déchirant d’acceptation de soi

Published on 26 September 2025

Samuel D. Hunter a un don pour capturer la douleur silencieuse de la vie quotidienne. Poursuivant les thèmes de l’isolement et de l’enfermement de son tube de taille orque : The Whale, adapté en film oscarisé qui lui a valu une nomination au scénario, Clarkston se concentre sur deux jeunes hommes coincés dans une petite ville américaine. Chris (Ruaridh Mollica) est piégé par la pauvreté, Jake (Joe Locke) par la mauvaise santé. L’espace qu’ils habitent est peut-être plus grand que dans La Baleine, mais l’étouffement est tout aussi dévorant.

Lors d’un voyage vers l’Ouest pour se redécouvrir, Jake décroche un emploi dans un Costco rural où il rencontre Chris, un ouvrier de nuit fatigué. Les bavardages hésitants se transforment bientôt en une amitié hésitante, puis se transforment à nouveau en quelque chose de plus fragile et chercheur. Ensemble, ils nourrissent l’idée que la vie peut encore avoir un sens, et qu’ils pourraient se retrouver quelque part au-delà des énormes pots de fromage et des étagères de téléviseurs à prix réduit. 

Jake, un (lointain) descendant direct de William Clark (célèbre pour Lewis et Clark), est à la fois vantard et accablé par les réalisations de ses ancêtres. La comparaison le ronge : là où Clark a trouvé découverte et but, Jake se sent enfermé par la maladie et des promesses non réalisées. « Tout a déjà été trouvé », se plaint-il, frustré de ne jamais pouvoir laisser sa marque comme l'ont fait ses ancêtres (ou oncêtres). Il rêve d'atteindre la mer, suivant la route de son arrière-arrière-oncle à travers l'Amérique mentionné plus haut. Bien que, au fond, il soupçonne déjà de se noyer.

Joe Locke et Ruaridh Mollica jouent dans Clarkston

La mise en scène de la production, avec des places sur scène et un décor minimal, met en lumière ce sentiment d’enfermement. Chaque regard semble exposé, chaque silence lourd de menace. Le résultat est une atmosphère qui reflète la claustrophobie de la vie en petite ville, où les rêves s’écrasent contre des impasses et où l’horizon semble toujours incroyablement lointain.

Les performances sont calmes, nuancées et profondément ressenties. Joe Locke peut être l’attrait marketing, mais la pièce prospère sur la chimie, pas sur la célébrité. Lui et Mollica créent une dynamique à la fois tendre et combative, un rythme qui entraîne le public dans leur vulnérabilité partagée. Sophie Melville, qui joue Trisha, la mère de Chris, entre dans cette atmosphère chargée et l’enflamme. Son apparition est brève mais volatile – émotionnellement brute, instable, profondément vulnérable et discrètement menaçante. 

Clarkston est une méditation lyrique et déchirante sur l’acceptation de soi et la survie. Calme, en quête et pleine de possibilités, elle montre comment, même dans les lieux les plus ordinaires, deux jeunes hommes peuvent tomber sur quelque chose d’extraordinaire. C’est le théâtre à son apogée. Une épopée discrète sur la recherche d’espoir au milieu de nulle part.

Clarkston est joué au Trafalgar Theatre jusqu’au 22 novembre 2025