Questions-réponses avec Don Juan dans Adrian Scarborough de Soho
Published on 3 April 2017
L’acteur lauréat d’un Olivier, Adrian Scarborough, est de retour sur scène pour la première fois depuis son rôle du Fou dans la production de 2014 du Roi Lear au National. Il joue aux côtés de David Tennant dans Don Juan acclamé de Patrick Marber à Soho au Wyndham’s Theatre. Lisez la suite pour découvrir ce que c’est que de jouer chez les Wyndham et ce que David Tennant entend par « moment de fesses qui couinent ».
HF : Don Juan est librement inspiré d’une tragicomédie de Molière, dont une autre est actuellement sur scène juste au bout de la rue. Qu’est-ce qui est encore pertinent dans l’œuvre de Molière pour le public d’aujourd’hui ?
EN TANT : Molière a eu la sagesse de savoir que la longévité au théâtre s’obtient mieux en utilisant des thèmes universels pour toutes ses pièces, et que la satire et la comédie font une excellente soirée.
HF : Vous faites partie d’une troupe solide d’acteurs accomplis. Comment cela s’est-il passé de jouer avec tout le monde ?
AS : Je suis sans cesse coupé par les talents incroyables de notre compagnie. Ils chantent en harmonie à quatre voix, dansent comme les plus funky des mecs, et ils savent vraiment jouer. Ils savent aussi rire, scintiller et s’amuser pour que chaque spectacle soit un régal unique. Ce sont les meilleurs musiciens.
HF : Patrick Marber met en scène cette production et a adapté le texte. Travailler sur une série est-il différent avec le scénariste assis dans la pièce ?
AS : Avoir accès à l’écrivain en répétition est une bénédiction glorieuse, surtout quand la pièce est aussi moderne et d’actualité que celle-ci. Patrick compose chaque jour des répliques tirées de tous les titres de l’actualité pour nous garder pertinents sur le plan satirique. C’est des montagnes russes palpitantes, le public adore ça.
HF : Vous êtes connu de beaucoup pour de très bons rôles comiques, au cinéma, à la télévision et au théâtre. Qu’est-ce que ça fait d’incarner un autre personnage comique ?
EN AS : Je ne suis pas monté sur scène depuis trois ans, donc ce sont quelques semaines effrayantes pour retrouver le rythme des performances live. David Tennant appelle ça le « moment du squeaky bum » ! J’adore le personnage de Stan. C’est un vrai romantique qui voit le meilleur chez chacun, un optimiste éternel, devenu blasé par son association avec Don Juan. À l’approche de mes 50 ans, je peux beaucoup comprendre cela !
HF : Comment en êtes-vous venu à choisir le théâtre comme profession ?
EN TANT : C’est un peu comme ça qui m’a choisi. J’étais tellement nul dans tout le reste que je n’avais qu’une seule option viable ! Heureusement, ça a un peu marché.
HF : * Le Wyndham’s a une histoire de grands travaux théâtraux. Qu’est-ce que ça fait de monter sur les planches de ce lieu prestigieux ?*
AS : Je pense que le Wyndham est le théâtre que tout acteur veut jouer. Il est en plein cœur de Theatreland, avec une histoire incroyable. Tallulah Bankhead, The Boyfriend, la compagnie de Joan Littlewood, No Man’s Land de Pinter, Side By Side By Sondheim, Three Tall Women d’Albee, Sunday In The Park With George. Il est inondé des plus beaux fantômes du théâtre. C’est aussi architecturalement époustouflant. Il n’y a presque pas un siège de mauvaise qualité dans la salle, même depuis l’arrière du balcon on peut voir toute la hauteur de l’arche de proscenium. C’est un plaisir à jouer.

By Harrison Fuller
Directeur de théâtre, écrivain, créateur.
