Projecteur sur Pinter 1, la première affiche du Pinter lors de la saison Pinter

Published on 17 May 2018

Pour lancer la saison Pinter at the Pinter, un quadruple programme présente les meilleures pièces ouvertement politiques du dramaturge : One For the Road, The New World Order, Mountain Language et Ashes to Ashes. Lisez ici tout sur le parcours politique de Pinter, avec une analyse détaillée de chacune des pièces qui font réfléchir l’événement.

La période ouvertement politique de Pinter, durant laquelle ces pièces ont été écrites, a été en partie influencée par un faux pas de sa part lors des élections de 1979, où il a malheureusement voté pour le Parti conservateur et Margaret Thatcher, pour contrarier le National Theatre autoritaire qui tentait activement de limiter le contrôle créatif de Pinter pour sa production de Betrayal en 1978.

Pinter a exploré à plusieurs reprises les thèmes des droits humains et du totalitarisme tout au long de sa carrière et, même adolescent, il était objecteur de conscience lorsque la guerre froide a éclaté. Durant l’ère communiste de l’Union soviétique, l’agitprop est devenu un moyen populaire pour le gouvernement soviétique de canaliser sa propagande et son agenda communiste à travers le théâtre et l’art hautement politisé. Pinter lui-même était fermement opposé à l’agitprop, la trouvant « répréhensible » et « insultante », tout en étant très conscient que son propre travail durant sa période ouvertement politique atteignait, en un sens, les mêmes objectifs d’agitprop qu’il détestait.

Selon l’épouse de Pinter, l’auteure britannique Antonia Fraser, One For The Road (1984) s’inspire d’un livre que Pinter a lu sur la dictature militaire argentine, écrit par Jacobo Timerman et intitulé Prisoner Without a Name, Cell Without a Number. Le texte de Pinter a ensuite été lié à sa propre enquête sur la torture et la persécution des écrivains turcs lors de son voyage à Istanbul en 1985. One For The Road se déroule dans une seule pièce d’une maison où se déroule une seule journée d’événements. Le décor est minimaliste, comme le caractéristique de beaucoup de ses pièces, et ne comporte qu’un bureau, un interphone téléphonique et une fenêtre avec des barreaux qui font allusion à l’utilisation de la maison comme prison improvisée.

L’histoire de One For The Road suit Nicolas, un interrogateur gouvernemental et agent du régime totalitaire, alors qu’il torture Victor, Gila et leur fils, Nicky. La pièce s’appuie stratégiquement sur la puissance de ce qui reste invisible, car de nombreux actes violents du spectacle, y compris le viol et le meurtre, se produisent hors scène et dans l’imagination du public. Cette tactique implicite crée une expérience plus personnelle et interactive avec le public qui le connecte à l’histoire et instaule un sens plus large du réalisme psychologique.

Avec seulement une production officielle du West End au Royal Court Theatre à son actif, The New World Order, qui a été créée pour la première fois à Londres en 1991, est une pièce de Pinter que vous n’avez probablement jamais vue sur scène. C’est aussi l’une de ses plus courtes, avec une durée de seulement 10 minutes. Ce thriller psychologique, tout comme One For The Road, démontre le pouvoir de la suggestion, alors que deux gentlemen discutent de la façon dont ils vont torturer un troisième homme, assis les yeux bandés, bâillonné et attaché à une chaise, sans mettre en œuvre leurs plans pendant le spectacle lui-même. Une certaine atmosphère d’inconfort imprègne le théâtre, laissant le public réfléchir à ce qu’il a vu ou n’a pas vu.

Mountain Language est une pièce très courte en un acte qui dure environ 25 minutes. La production originale au Royal National Theatre en octobre 1988 mettait en vedette Michael Gambon (Dumbledore dans la série de films Harry Potter ) et Miranda Richardson ** (Harry Potter et la Coupe de Feu, Sleepy Hollow, Stronger). Elle suit un groupe de captifs dont la lingua franca est interdite par le gouvernement. On pense qu’il s’agit d’un commentaire sur Margaret Thatcher lorsqu’elle a interdit la diffusion de la voix de Gerry Adam, chef du parti politique de gauche Sinn Féin, à la télévision publique. La courte pièce aborde des thèmes similaires de censure.

Ashes to Ashes, la dernière pièce de ce triple programme, est un autre thriller politique et psychologique qui suit la protagoniste Rebecca au cœur de sa lutte pour différencier rêve et réalité. Son amant, Devlin, suscite dans ses souvenirs de génocide, de déportation et d’une relation masochiste-érotique dans une tentative de la définir. La pièce présente les pauses et silences caractéristiques de Pinter, où le personnage fait l’expérience de moments d’hésitation à parler ou à ne pas parler du tout, une mise en scène que Pinter utilisait pour apporter réalisme et tension aux dialogues d’une pièce.

Dans l’ensemble, Pinter 1 : One For The Road/New World Order/Mountain Language/Ashes to Ashes of Pinter at the Pinter, qui sera réalisé par Jamie Lloyd et Lia Williams, s’apprête à ouvrir la saison en fanfare. Si vous aimez les histoires pleines de suspense qui font battre votre cœur à toute vitesse, cet événement promet de faire le choix. Vous serez en haleine du début à la fin !


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Nicholas Ephram Ryan Daniels

By Nicholas Ephram Ryan Daniels

Ephram est un touche-à-tout et aime assister au théâtre, aux concerts de musique classique et à l’opéra.