Pourquoi l’Oresteia est une tragédie grecque pour la génération Netflix
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Si les mots *tragédie grecque* évoquent immédiatement des manuels scolaires, des arbres généalogiques compliqués et des moments où vous vous demandez si vous auriez dû faire plus attention au drame de CE2, détendez-vous.
Oui, la dernière production de **Simon Stone** au Théâtre du Pont s'inspire de L'Oréstie **d'Eschyle** [**](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/oresteia-tickets); la seule trilogie survivante de la Grèce antique, créée en 458 av. J.-C. Mais ce n'est pas une leçon d'histoire. **Stone**, de retour sur le [Pont](https://www.londontheatredirect.com/fr/venue/bridge-theatre-london) après son adaptation acclamée de *La Dame de la mer*, a repris les ossements de l'une des plus grandes tragédies de l'histoire et l'a reconstruite en un thriller familial moderne et élégant.
Les toges ont disparu. À leur place ? Une famille britannique fortunée, une maison de luxe en banlieue, des affaires moralement troubles, des répliques vraiment hilarantes et assez de secrets pour alimenter toute une saison de télé de prestige.
### **Imaginez Harlan Coben *rencontrant le Lotus Blanc***
La famille Middleton a l’air d’avoir tout. Belle maison ? Tic. Une entreprise prospère ? Tic. Une famille parfaite ? Eh bien... Pas tout à fait.
Derrière cette façade soignée se cache une famille qui s'effondre rapidement, la société de technologie de défense de son père Christopher jetant une longue ombre morale sur tous ceux qui l'entourent. Cela m’a donné une forte impression *à All My Sons*, tandis que la dynamique familiale riche, profondément dysfonctionnelle (et incestueuse) se situait quelque part entre *The White Lotus* et un roman **policier de Harlan Coben**.
Les dialogues sont étonnamment drôles aussi. Au lieu de figures mythiques solennelles prononçant des discours élevés, ces personnages sont spirituels, passifs-agressifs, parfois ridicules et imparfaits. Très imparfait ! L'Alice de **Rosie Sheehy** vole absolument la scène, offrant certains des plus grands rires de la soirée tout en restant totalement crédible au milieu du chaos.
### **Comme regarder un thriller en boucle... Seulement en direct**
D’environ trois heures trente-cinquante minutes, *The Oresteia* peut sembler être un test d’endurance, mais en réalité, il passe vraiment vite.
Divisée en trois parties avec deux intervalles, la soirée paraît très épisodique. Chaque acte se termine juste au moment où une autre pièce du puzzle s’assemble, vous laissant discuter de théories autour d’un verre avant de replonger directement dans le jeu. Cela capture exactement la même sensation que de se dire « Encore un épisode », avant de réaliser soudainement qu'il est passé minuit. (Ne vous inquiétez pas, la pièce se termine vers 22h35, pas minuit !)
La narration non linéaire ne fait qu’ajouter à cet élan, révélant progressivement ce qui est arrivé à cette famille au lieu de vous donner toutes les réponses dès le départ. Si vous êtes fan de podcasts de true crime ou de romans policiers qui dégoulinent l'information, vous vous sentirez comme chez vous.
### **Un thriller qui se trouve justement basé sur la mythologie grecque**
L'un des plus grands atouts de la production est son aspect cinématographique. La salle tournante sur scène de **Lizzie Clachan** change constamment notre perspective, révélant différentes pièces et différents moments dans le temps au fur et à mesure que le mystère se dévoile.
Sous tous ces rebondissements, **Simon Stone** reste remarquablement fidèle au cœur de l'histoire d' **Eschyle** : la vengeance, la culpabilité, le chagrin et les conséquences qui se propagent à travers les générations. Si vous avez rejeté *L'Orestie* parce qu'elle sonne un peu trop classique, alors il faut y réfléchir à nouveau. C’est un théâtre contemporain, drôle et captivant, qui ressemble bien plus à un thriller Netflix qu’à un texte ancien.
### **Tu y vas à froid ? Vous serez parfaitement bien (mais voici une fiche de triche de 60 secondes)**
Il n'est vraiment pas nécessaire de connaître la mythologie grecque pour apprécier *L'Orestie*, **Simon Stone** raconte l'histoire brillamment à elle seule. Mais si vous aimez entrer dans un thriller en sachant déjà qui est qui, voici une très rapide introduction. **ATTENTION AUX SPOILERS !**
### **L’histoire originale (très brièvement !)**
L'Oresteie d'**Eschyle** ** commence après la guerre de Troie. Le roi Agamemnon rentre victorieux, mais est assassiné par sa femme, Clytemnestre, qui ne lui a jamais pardonné d'avoir sacrifié leur fille, Iphigénie. (Il la sacrifia pour que la flotte grecque puisse naviguer vers Troie afin de ramener Hélène de Troie, l’épouse de son frère.)
Des années plus tard, leur fils Orestes revient venger son père (Agamemnon) en tuant sa propre mère (Clytemnestre), avant d’être hanté par les Furies et finalement jugé à Athènes.
### **Qui est qui dans la version de Simon Stone ?**
Encore une fois, gros spoilers à venir ! Stone échange rois et reines contre une famille britannique moderne et riche, mais les rôles émotionnels restent similaires.
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**Christopher (David Morrissey)** est l’Agamemnon des temps modernes ; le père puissant dont les actions jettent une ombre sur tous ceux qui l’entourent.
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**Montie (Mary-Louise Parker)** est Clytemnestre, l'épouse de Christophe et la force émotionnelle qui pousse une grande partie de la chute de la famille.
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**Augie (Tom Glynn-Carney)** incarne Orestes, le fils pris dans un cycle impossible de chagrin et de vengeance.
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**Alice (Rosie Sheehy)** combine des éléments de la sœur d'Orestes, Electra, tout en devenant un personnage merveilleusement distinctif à part entière. Je l’adorais !
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**Isabel** est Iphigénie, la fille dont la mort façonne tout ce qui suit. Dans l’original, Electra est sa sœur. Dans cette version, Isabel et Alice sont en réalité jumelles.
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**Melville (Lloyd Hutchinson)** correspond à Ménélas, le frère d’Agamemnon. Dans la version de Stone, il est le frère de Christopher et semble détenir un pouvoir considérable au sein de l’entreprise familiale. Le parallèle est encore plus clair à travers son ex-femme, Hélène, qui l’a quitté pour partir à l’étranger, un écho moderne du départ d’Hélène pour Troie.
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**Jérôme (Jean Macmillan)** est l’équivalent d’Égisthe, l’amant de Clytemnestre et le cousin d’Agamemnon.
C'est vraiment tout ce dont tu as besoin. Le reste se découvre mieux au fur et à mesure que le mystère se dévoile.
[*L’Oresteia*](https://www.londontheatredirect.com/fr/play/oresteia-tickets) est jouée au Bridge Theatre jusqu’au 19septembre 2026. Réservez vos billets dès aujourd'hui et n'oubliez pas de lire notre [résumé des critiques *d'Oresteia*](https://www.londontheatredirect.com/fr/news/review-roundup-what-are-the-critics-saying-about-the-oresteia-at-the-bridge-theatre).