CRITIQUE : Le Vent dans les saules
Published on 21 August 2017
L’histoire et les personnages sont familiers ; pour beaucoup, Le Vent dans les saules est un favori, que vous soyez fan du livre ou des innombrables adaptations. De nouveaux publics peuvent s’attendre à une histoire chaleureuse d’amitié se déroulant dans la campagne idyllique de l’Angleterre édouardienne. Cette dernière adaptation arrive au West End au London Palladium et met en vedette Rufus Hound.
On a beaucoup parlé de cette nouvelle adaptation du roman classique de Kenneth Grahame, Le Vent dans les saules. Avec une musique de Stiles et Drewe et un livret de Julian Fellowes, ce film promet sûrement d’être un grand succès. Après tout, Fellowes compte désormais trois comédies musicales du West End (School of Rock et Half a Sixpence) et Stiles et Drewe ont un catalogue de succès dont Soho Cinders, Mary Poppins et Half a Sixpence (avec Fellowes) actuellement à l’affiche au Noel Coward Theatre.
Dans cette paix et cette tranquillité viennent le M. Toad sans limites et l’antagonisme des Wild Wooders, désireux de déloger Toad de Toad Hall. L’intrigue de cette nouvelle comédie musicale tourne autour de Toad et de son amour de la vitesse, commençant par un bateau, puis une caravane, et finalement son obsession infâme pour l’automobile. Après avoir volé une voiture, Toad se retrouve condamné à 20 ans de prison, donnant aux belettes et aux hermines la possibilité d’emménager à Toad Hall, de voler une loutre et de la faire engraisser pour un banquet.
Le rythme et l’action du spectacle se reflètent bien dans les numéros musicaux. Le printemps est une affaire douce et sinueuse tandis que The Amazing Mr Toad est bruyant, lumineux, coloré et rapide – parfaitement en accord avec le caractère et l’énergie du Toad éponyme.
D’autres plaisirs musicaux viennent de The Hedgehog’s Nightmare, un numéro délicieux et décalé où une famille de hérissons tente de traverser la route. Leurs costumes, conçus par Peter McKintosh, sont pleins de caractère et amusants, avec un clin d’œil à l’excentricité de la campagne anglaise qui imprègne la série et le matériel d’origine. Dans l’acte deux, un chœur de souris des champs chante The Wassailing Mice, un hommage aux chanteurs de cantiques, évoquant le confort et la chaleur créés lors de ces longues nuits d’hiver.
Le thème principal de la série, l’amitié, est parfaitement résumé dans le passionnant Un ami est toujours un ami du stoïque Blaireau, Rat et Taupe. C’est ce message qui est clé. Même si un ami a agi de manière stupide, il reste un ami et la réconciliation est possible – un message pertinent.
Rufus Hound excelle dans le rôle de l’irrésistible M. Crapaud, sautant énergiquement sur scène en affichant l’enthousiasme de Toad pour la vie. Hound apporte à ses scènes du rythme, de l’énergie et un sens du plaisir enfantin. En tant que public, parce que Hound (et Toad) s’amusent, nous aussi. Son enthousiasme et sa curiosité sont contagieux, il veut essayer de nouvelles expériences et profiter pleinement de la vie.
Simon Lipkin et Craig Mather, respectivement en Rat et Taupe, sont bien choisis et équilibrés. La timidité surnaturelle de Mole offre un compagnon parfait pour la rivière et le pique-Rat, avide de partager la beauté et la merveille de sa vie familiale.
Une nouveauté dans cette adaptation est la protagoniste féminine plutôt forcée, Mme Otter. Interprétée par Denise Welch, le personnage semble sous-développé dans sa relation avec les quatre protagonistes et il semble que son rôle soit quelque peu nominal dans une histoire dominée par les hommes.
Le spectacle est vibrant, amusant et contient des éléments de spectacle ainsi que de la bonne musique qui marquera sûrement les jeunes générations. Les enfants qui font leur première visite se souviendront de ce spectacle comme brillant et audacieux, de la joie du vaudevilleur M. Toad et des possibilités de ce qui peut être mis sur scène. Il s’inscrit dans la même catégorie qu’une pantomime de Noël, en ce que trois générations peuvent partager une expérience. Il est vrai qu’il ne contient pas de thèmes moraux complexes comme Macbeth ou la métaphysique d’un Stoppard, mais il ne prétend jamais en parler. Le public votera avec ses pieds et je crois que ce spectacle sera un favori familial. Que disons-nous aux critiques ? Crottes !
Réservez vos billets dès maintenant avant la clôture de la série le 2 septembre 2017 !

By Harrison Fuller
Directeur de théâtre, écrivain, créateur.

